desarthe

Agnès Desarthe

Agnès Desarthe

Normalienne agrégée et romancière primée, Agnès Desarthe (née à Paris en 1966) est l’écrivain des non-dits, des détails ineffables et des amitiés décousues. D’une plume à la profondeur toujours discrète, sensible et empathique, elle esquisse des histoires lumineuses, simples et fragmentées qui savent toucher à l’essentiel.

Lauréate du Prix du Livre Inter pour son deuxième roman (Un secret sans importance) et prix Goncourt des animaux pour son dernier roman (Une partie de chasse), elle est également une traductrice reconnue (arabe, russe et yiddish), une critique remarquable (collaboration avec France Inter) et l’auteur de nombreux livres pour enfants.

Anecdote : « Il arrive fréquemment que l’on demande à l’auteur pour la jeunesse que je suis de citer un livre qui a marqué son enfance. A cette question, je suis tentée de répondre : aucun. Il n’y avait pas de livre dans mon enfance. Il n’y avait pas de place pour ça. Je détestais lire, vous comprenez ? » Agnès Desarthe

PAGE 99, EXTRAIT

cinq photos de ma femmeCinq photos de ma femme, d’Agnès Desarthe (1998)

– Synopsis –

La femme de Max Opass est morte il y a un an, et son visage hante celui qui partagea sa vie durant cinquante années. Max décide de fixer sur la toile ces traits qui l’obsèdent. Il retrouve cinq photographies datant d’époques différentes, et part à la recherche du peintre capable de reproduire la petite lumière des yeux de Telma… Mais était-il lui-même capable de décrypter ce regard ?

(…) – Expérimenté, répéta Max.

La lumière se fit en lui. Il ricana, d’un air énigmatique. Frédéric était un hippy, comme Basile. Max n’aurait su dire précisément ce qui fondait cette fraternité ; un mélange de flou et de technicité, une certaine hauteur alliée à une grande fragilité. Les deux garçons avaient de nombreux points communs ; tout d’abord cette manière si négligée de s’habiller ; ils parlaient beaucoup de travail et assez peu d’eux-mêmes, tenaient l’arrogance pour une qualité supérieure de franchise, taisaient leurs opinions pour s’en remettre à des slogans.

– Alors c’est d’accord ? avait demandé Frédéric.

Pour donner plus de poids à la requête de son ami, Marion était tombée à genoux devant Max, joignant les mains.

– C’est d’accord, dit Max. Les hippies ça me connaît.

– Les quoi ?

– Marion, je compte sur vous, dit Max pour toute réponse.

La jeune fille s’était redressée et avait frappé dans la main que lui tendait le vieil homme.

– Marché conclu.

Ils s’étaient quittés alors que le soleil commençait à décliner. Max se sentait léger. Il se trouvait incroyablement débrouillard et considérait que ses affaires allaient pour le mieux. Et puis il aimait bien ce couple qui n’en était pas un. Le garçon boudeur, la fille grandiloquente. Les jeunes femmes modernes étaient fascinantes. Elles passaient aisément de la tape dans le dos au battement de cils, des grandes enjambées de débardeur à la main qui remet délicatement en place une bretelle de soutien-gorge. Elles étaient la synthèse de tout ce qu’il avait connu, plus autre chose (…)

Publicités

À propos de NE

Blogueuse depuis 2006 - Parisienne et tête chercheuse - Aficionado du 2.0

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s